Continent immense, berceau de civilisations multimillénaires, l’Asie a pourtant subi, comme tant d’autres régions du monde, les violences coloniales les plus féroces. De l’Indochine aux Indes, de l’Asie centrale au Proche-Orient, la volonté des empires occidentaux – puis des puissances régionales – de dominer, de piller les ressources, d’asservir ou de briser les peuples a laissé des traces profondes. Les guerres coloniales, les occupations militaires, les découpages arbitraires de frontières, les ingérences répétées ont façonné durablement les sociétés asiatiques.
Cette histoire, lourde et souvent sanglante, continue d’imprégner les consciences.
Elle nourrit les résistances mais aussi les tensions, les divisions parfois attisées de l’extérieur. Les stigmates de la domination impériale comme de l’exploitation capitaliste sont encore visibles : destruction des cultures paysannes, surexploitation des travailleurs et travailleuses, répression des minorités, accaparement des terres et des richesses naturelles.
L’impérialisme contemporain, mené en grande partie par les États-Unis et relayé par certaines puissances régionales alliées, n’a jamais cessé de se déployer en Asie. De l’occupation militaire directe aux pressions économiques, de la militarisation du Pacifique aux ingérences dans les processus politiques internes, les mécanismes de domination sont multiples. Mais ils se heurtent aujourd’hui à de nouveaux rapports de force, à l’affirmation de peuples et de nations décidés à reprendre en main leur destin.
L’Asie est aussi un continent de luttes populaires immenses : luttes ouvrières dans les mégalopoles industrielles, mouvements paysans contre les multinationales agroalimentaires, résistances anti-impérialistes, combats pour la souveraineté et la justice sociale. L’expérience socialiste y a pris des formes diverses : de la Chine populaire au Vietnam, du Laos à la Corée du Nord, sans oublier la longue histoire des mouvements révolutionnaires en Inde, aux Philippines, au Népal et ailleurs. Des victoires ont été remportées, des défaites aussi, mais partout persiste la même aspiration : sortir des logiques de domination pour tendre vers l’émancipation.
Les textes publiés ici témoignent de ces luttes, de ces espoirs, des contradictions et des recompositions, des pas en avant et des reculs. Ils racontent aussi, parfois, des combats auxquels j’ai moi-même pris part, avec la conviction que le chemin vers l’humanisme véritable, vers une Asie débarrassée de l’exploitation et de l’impérialisme, passe par la solidarité internationale et par la persévérance des peuples.
Ce chemin sera long, très long. Mais il reste ouvert — vers le socialisme, vers le communisme, vers l’émancipation de toutes et tous.
