Thomas Sankara

Thomas Sankara fut le chef de l’État de la République de Haute Volta de 1983 à 1987, qu’il rebaptisera Burkina Faso « Le pays des hommes intègres ».


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Thomas Sankara est une grande figure africaine anti-impérialiste, communiste, panafricaniste et tiers-mondiste. La jeunesse burkinabé en a fait une icône, le « Che Guevara africain », aux côtés de Patrice Lumumba. Nommé Premier ministre en janvier 1983, Sankara se prononce pour la rupture du rapport néocolonial qui lie la Haute-Volta à la France : « Lorsque le peuple se met debout, l’impérialisme tremble. L’impérialisme tremble. Il tremble parce qu’ici à Ouagadougou, nous allons l’enterrer ». Le 17 mai  1983, sous la pression de la France, Thomas Sankara est mis en résidence surveillée.

Le 4 août 1983 une manifestation populaire gigantesque envahit la capitale Ouagadougou. C’est un coup d’Etat du peuple qui libère Thomas Sankara. Il est nommé Président du Conseil national révolutionnaire. Un gouvernement est constitué avec l’Union des Communistes et le Parti africain de l’indépendance. Thomas Sankara retire aux chefs traditionnels les pouvoirs féodaux qu’ils continuaient d’exercer au profit de Comités de Défense de la Révolution (CDR), inspirés de l’expérience cubaine. Un programme de coopération avec Cuba est mis sur pied. Il met un terme aux mariages forcés en instaurant un âge légal, interdit l’excision et lutte contre la prostitution et s’oppose à la polygamie.

Thomas Sankara fustige l’aide extérieure : « Ces aides alimentaires […] qui installent dans nos esprits […] des réflexes de mendiant, d’assisté, nous n’en voulons vraiment plus ! Il faut produire, produire plus parce qu’il est normal que celui qui vous donne à manger vous dicte également ses volontés ». Lors d’un déplacement de François Mitterrand au Burkina Faso en novembre 1986, Thomas Sankara critique violemment la politique de la France. Le président français organise une campagne médiatique de dénigrement à l’encontre de Thomas Sankara.

La même année les Nations Unies déclarent au sujet de Thomas Sankara : « Il a vaincu la faim : il a fait que le Burkina est devenu alimentairement autosuffisant ». En 1987 Thomas Sankara prononce un discours au sommet de l’Organisation de l’Unité Africaine à Addis-Abeba dans lequel il conteste la légitimité de la dette de son pays et appelle à une action collective de pays africains. Anticipant la réaction des pays occidentaux, il déclare solennellement : « Si le Burkina Faso tout seul refuse de payer la dette, -je ne serai pas là à la prochaine conférence ».

Trois mois plus tard, le 15 octobre 1987, Thomas Sankara est assassiné. 

35 ans plus tard, le 6 avril 2022, Blaise Compaoré, marionnette de la France, qui avait remplacé Thomas Sankara à la présidence du Burkina Faso est reconnu coupable d’avoir commandité le meurtre et est condamné par contumace à la prison à perpétuité.